SEM Esmali (28/04)

Le projet ESMALI (Esthétique en Mathématique, dans les Arts et la Littérature) 
est un projet  Agor@ntic en partenariat avec le LMA  qui a pour objet d’explorer la question et le rôle de la notion d’esthétique 
en Mathématique et de comparer cette problématique avec celle en Littérature.
 

Après le premier séminaire du 31 mars de Richard Bradford, la seconde conférence sera assurée ce jeudi 28 avril à 14h30

par Samuel Tapie, professeur de Mathématiques à l’Université de Nancy.
 
Le lien pour y accéder est le suivant:
https://bbb.univ-avignon.fr/b/mad-2ta-g0y-buj
 
Voici le titre et le résumé:
 
Titre : Du calcul dégueulasse à la démonstration élégante, l’esthétique imprécise des mathématiques
 
A défaut de définir les mathématiques, qu’est-ce que « faire des mathématiques » ? Parmi les mathématiciens, une réponse obtient un large consensus : il s’agit de « démontrer de nouveaux théorèmes ». Cela signifie à peu près « établir des liens rigoureux qui n’étaient pas connus avant entre des concepts mathématiques (anciens ou nouveaux) ». L’enseignement primaire et secondaire en France (et dans beaucoup de pays) souligne essentiellement les aspects « calculatoires » et « rigoureux » des mathématiques. Cela revient à enseigner la grammaire, les règles de conjugaison et les bases du vocabulaire, tout en s’interdisant d’explorer la littérature même celle pour enfants. Qui songerait à apprendre une langue vivante ainsi ? Comment imaginer la fécondité des mathématiques depuis 2500 ans à partir d’une telle rigueur froide ?
 
Déjà, les mathématiques prospèrent en grande partie pour essayer d’expliquer les « beautés » du monde réel (symétries, harmonie en architecture, régularité du cycle des planètes….). Je ne parlerai pas beaucoup de cet aspect (passionnant en soi). Comme pour tout écrivain dans sa langue propre, une grande part de ce qui guide l’intuition du mathématicien et le motive dans ses explorations est d’origine esthétique. Le quotidien du mathématicien est ainsi peuplé de grands problèmes, de beaux théorèmes, d’arguments foireux, d’hypothèses honnêtes ou déraisonnables, de démonstrations élégantes ou parfois moches, d’exemples pathologiques…
 
Ce sont ces esthétiques de la recherche mathématique, naturellement imprécises et loin de la rigueur que l’on imagine habituellement, que je vais essayer de vous présenter. En espérant que cela puisse résonner avec d’autres notions esthétiques, par exemple dans le monde de la littérature… Je m’appuierai pour cela sur les réalisations du projet « Imprécis de Vocabulaire Mathématique » (https://www.ateliers-du-spectacle.org/spectacle/l-imprecis-de-vocabulaire-mathematique/), issu de la collaboration entre les artistes de théâtre de la compagnie des Ateliers du Spectacle et le Laboratoire de Mathématiques Jean Leray à Nantes. Ce projet a d’abord donné lieu à un livre par Léo et Jean-Pierre Larroche, puis un spectacle de théâtre, et récemment une exposition.

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